Ambroise Vollard

AMBROISE VOLLARD (1866 - 1939)

GÉNIAL PRÉCURSEUR ET INVENTEUR DE "L'ARTISTE MODERNE"

Personnage intuitif et audacieux, Ambroise Vollard est une figure mythique parmi les marchands d'art de son époque. Rien ne semblait pourtant prédestiner ce jeune réunionnais passionné d’art et de littérature à accueillir, dans sa minuscule galerie parisienne, les plus grandes oeuvres d’art de son temps. Son flair lui permit d’entretenir des relations privilégiées, tantôt amicales, tantôt orageuses avec Cézanne, Picasso, Matisse, Gauguin ou encore Renoir. Avec eux et bien d’autres, « Fabulous Ambroise », comme le surnomma opportunément le New Yorker en 1936, il bâtit un empire pictural devenu depuis légendaire. MyStudiolo retrace la vie de ce fin stratège au flair indéniable pour repérer les artistes encore méconnus en :


6 dates clés 4 oeuvres 3 anecdotes 1 citation



1890 Alors venu à Paris pour ses études de droit, sous la pression de son père notaire, Ambroise est davantage séduit par les arts graphiques. Lorsque son père lui coupe les vivres, il se fait embaucher dans une petite galerie parisienne avant d’ouvrir la sienne dans son modeste appartement. Il vend des dessins et estampes achetés sur les quais de Seine. C'est en rachetant à la veuve de Manet un ensemble de dessins et d'esquisses à l'huile du peintre qu'il lance véritablement son activité.


1894 Il ouvre sa galerie dans l'incontournable rue Laffitte, située à proximité de Drouot. L'exposition de ses acquisitions suscite des critiques élogieuses et surtout, lui permet de faire la connaissance de Renoir et Degas, dont il commence à vendre des oeuvres. En s'attachant à l'avant-garde, il constitue patiemment son écurie, révèle le travail de Van Gogh et expose, l'année suivante, les oeuvres de Cézanne. Cette rétrospective est une révélation pour les artistes et les collectionneurs : elle affirme son anticonformisme et pose les bases de sa réussite.


1897 Il est le premier marchand à établir des contrats en règle avec les artistes, leur garantissant l’achat régulier de leur atelier. Misant dans le même temps sur la gravure, il s'intéresse au groupe des nabis, à savoir Maurice Denis, Pierre Bonnard, Édouard Vuillard et Ker-Xavier Roussel. À cette époque, aucun marchand n'a un tel impact sur la création artistique car, au-delà de son rôle de marchand, il joue un véritable rôle de mécène, finançant certaines recherches de plusieurs jeunes artistes comme Derain ou Rouault afin de stimuler leur créativité.


1901 Sa galerie devient un centre de gravité de l'avant-garde parisienne. Les oeuvres de Picasso, alors jeune inconnu de 19 ans, sont exposées pour la première fois. Trois ans plus tard, il offre à Matisse sa première exposition personnelle. Avec ses contrats d'exclusivité et ses achats massifs d'oeuvres auprès des artistes, Ambroise se construit une immense collection à des prix très avantageux. Cette stratégie lui vaut inévitablement des conflits mais font de lui un marchand d'art redoutable et un véritable mécène.


1914 Le déclenchement de la Première Guerre Mondiale le contraint à fermer sa galerie. Après la fin du conflit, il préfère recevoir ses clients dans son appartement au 28, rue de Grammont. Il consacre dès lors beaucoup de temps dans les éditions de livres d'artistes, moins rentables, mais qui constituent la vraie passion de sa vie. Il sponsorise la production de nombreuses œuvres littéraires, illustrées par ses artistes. Il a également organisé la publication de plusieurs éditions d’estampes originales, y compris des ensembles de gravures.


1939 Ambroise meurt brutalement dans un accident de voiture alors qu'il s'apprêtait à faire un musée de sa collection. N’ayant pas pris le soin de faire un testament, son inestimable collection de plusieurs milliers d’œuvres est dispersée. On retrouve aujourd’hui certains de ses tableaux dans les plus grands musées du monde ou dans des collections privées.




Vincent Van Gogh, Armand Roulin, 1888

Paul Cézanne, Les Trois Baigneuses, 1879- 1882

Pierre Bonnard, Ambroise Vollard et son chat, 1904

Pablo Picasso, Le Repas Frugal, 1904


ANECDOTES



  • Jugé comme fin stratège et commerçant redoutable, sa stratégie commerciale lui valut le surnom de "Vol-Art". Sa relation plus qu'orageuse avec Gauguin l'illustre bien. Dans une grande difficulté financière, l'artiste alors reparti en Polynésie ne peut qu'accepter un contrat plus que modeste avec le marchand. Cet accord, reflétant la difficulté de Vollard à trouver des acheteurs à ses tableaux, laisse un goût amer à Gauguin.


  • Depuis sa mort, 140 trésors dormaient dans un coffre fort de la Société générale dont personne ne connaissait l'existence. La banque ne se décide à l'ouvrir en 1979 et à mettre en vente ces oeuvres en 1981 pour récupérer les frais de garde jamais acquittés. Après un imbroglio judiciaire de plus de 15 ans, les merveilleuses estampes ont été mises en vente par Sotheby's en 2010. Le tableau "Arbres à Collioure" d'André Derain a été adjugé pour 16,3 millions de livres (19,5 millions d'euros), signant un record pour l'artiste et un record pour une peinture fauve dans le cadre de ventes aux enchères.


  • Les circonstances exactes de sa mort demeurent mystérieuses, mais il aurait pu avoir la nuque brisée par une plaque de cuivre ou une sculpture de Maillol tombée de la plage arrière du véhicule. Une tragique ironie voudrait donc que ce soit une oeuvre qui ait provoquée la mort de Vollard, alors âgé de soixante-treize ans.



"Avez-vous entendu à quel point son héritage est vaste? Des découvertes sont faites partout, des objets de valeur sont éparpillés, aucun d'entre eux n'est affiché ou enregistré, des oeuvres inestimables se trouvent sous des piles de toiles."



l'artiste Jacques-Emile Blanche faisant référence à la collection d'Ambroise Vollard après sa mort.





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